Depuis 1996, les enseignants du collège Croix de Pierre poursuivent une réflexion visant à prendre en compte dans l’évaluation de l’élève un ensemble de capacités transversales.
En conférant à l’évaluation une dimension diagnostique, cette initiative favorise la remédiation en situant l’élève au cœur du dispositif d’apprentissages.
Si les salles multimédias peuvent être à juste titre considérées comme source d’innovation et de motivation pédagogique, elles ne suffisent pas toujours à instaurer de réelles pratiques qui viseraient à proposer à l’élève la voie la plus adaptée à son mode d’acquisition.
De récentes études menées sur ce thème soulignent que dans bon nombre de cas, de telles configurations induisent chez l’enseignant le renforcement des pratiques existantes et tendent à reproduire les schémas traditionnels où tous les élèves pratiquent la même activité sur le même support, le même sujet au même moment (modèle frontal).
De par sa flexibilité, l’outil informatique nomade (ordinateur portable, vidéo projecteur et supports numériques) peut contribuer à initier de nouvelles pratiques.
Un îlot d’ordinateurs portables dans une classe à un moment donné, laisse à l’élève le choix du support le plus adapté à son mode de fonctionnement.
Ainsi, est-il possible d’imaginer qu’en cours de français, certains jeunes choisissent de substituer le support numérique à la copie « brouillon », levant ainsi bien des « blocages ».
Il devient alors possible d’initier une pédagogie active au sein d’une classe atelier visant à rendre l’élève auteur de son propre parcours. La rentrée scolaire 2002/2003 a marqué une nouvelle étape dans l’évolution du dispositif :
La généralisation de l’expérimentation alliée à l’élaboration d’outils spécifiques pour la gestion informatique de l’évaluation des capacités transversales a conduit les enseignants à imaginer et concevoir différents types de stratégies de différenciation.
C’est pour répondre à cette attente que le collège s’est résolument tourné (rentrée 1999) vers l’intégration des TICE en se dotant d’une salle multimédia conjuguée à une structure de réseau (Salle de technologie / labo de sciences /CDI/ salle multimédia / salle des professeurs).
Cette intégration des TICE au projet d’établissement a nécessité la formation de l’équipe à l’utilisation de l’outil informatique. L’accompagnement assuré par le CNFETP de Nantes sur une période de 2 ans (1999 / 2001) a contribué à favoriser le développement et l’usage de ces nouvelles technologies :
> Mise en ligne du premier site Internet de l’établissement - mai 98 ( collaboration enseignants / élèves ).
> Intégration des TIC à la préparation et au déroulement d’un séjour européen pour les élèves de troisième : mini reportages et correspondance journalière par le truchement d’Internet durant un périple de 10 jours dans 4 capitales européennes (Londres / Amsterdam /Bruxelles / Paris).
Reconduit tous les ans, ce « Projet Europe » en est actuellement à sa cinquième édition (mars 2004)
http://voyageurope.cdp22.net )
> Intégration progressive des TIC dans l’élaboration de séquences pédagogiques pour la classe.
> Première expérimentation du B2I - Brevet Informatique et Internet - (janvier 2001) et réappropriation du livret de compétences au regard des programmes officiels dans chaque discipline (groupe de pilotage TICE).
Origines du projet
à la lumière du projet d’établissement
> Acquisition d’ordinateurs portables : banalisation et intégration des TICE au sein de classes ateliers. Ce n’est pas le groupe qui se déplace vers la salle multimédia mais c’est l’outil informatique qui rejoint la table de l’élève, selon l’activité, les besoins du moment et le parcours envisagé.
> Refonte des emplois du temps :
Mise en place et systématisation de séquences de 1h30 : élèves et enseignants disposent de temps plus longs visant à favoriser l’émergence de séquences pédagogiques diversifiées ( possibilité accrue d’accès aux ressources TIC... ).
Annualisation des emplois du temps élèves/enseignants, facilitant l’intégration de projets pluridisciplinaires au projet de classe conférant ainsi un sens nouveau aux apprentissages.
> Exploitation de « temps mobiles » : plages de durée variable suivant activités et projets.
> Création pour chaque élève d’un dossier numérique personnalisé sur le serveur de l’établissement : celui-ci dispose désormais d’un espace protégé nominatif pour la sauvegarde de ses travaux.
Ce répertoire devient propriété de l’élève durant les années de collège. Il lui en est délivré une copie lorsqu’il quitte l’établissement.
Une adresse Internet lui est également octroyée (certains travaux réalisés par ordinateur sont directement expédiés à l’enseignant concerné par ce canal).
> Construction d’un recueil de règles en mathématiques et français dans le cadre d’un travail de concertation avec les écoles primaires. Ce document sera complété tout au long du collège.
Cette nouvelle évolution dans l’intégration des TIC au sein du projet pédagogique de l’établissement conduit le collège, (rentrée scolaire 2003/2004) à étendre le réseau informatique à l’ensemble des classes rendant ainsi possible de façon ponctuelle, la mise en réseau des ordinateurs portables.
Par ailleurs, la nouvelle organisation du temps scolaire associée au dispositif d’évaluation permet de dégager pour chaque classe, une fois par trimestre, des temps d’entretiens (bilans individualisés) entre professeurs et élèves.
Faisant écho à cette dernière expérimentation, est né le concept de « Portfolio numérique ». Celui-ci s’inscrit dans une stratégie d’évolution du dispositif d’évaluation initié en 1998 conjugué à une utilisation optimisée des ressources TIC.
Cette conception de la classe numérique rend désormais possible une implication de l’élève dans la gestion de son parcours au collège. La motivation induite ainsi que les possibilités offertes tant au niveau des enseignants que des jeunes contribuent à modifier bien des postures.
La notion d’Environnement Numérique Modifiant prend ici tout son sens.
1° Accorder à l’élève la place d’une parole construite.
2° Substituer à la culture de l’éphémère et de l’instantané celle de la « trace » du parcours.
3° Prolonger l’expérimentation des différentes voies d’accès au savoir en donnant au jeune la possibilité de devenir auteur, conscient de ses apprentissages par une relecture construite de son cheminement au collège en fixant de façon claire ses prochains objectifs :
“ Ce que je sais bien faire... Ce qu’il me reste à accomplir...”.
Trois priorités guident notre action :